Les chats ont, paraît-il, neuf vies. C'est dire s'ils sont doués pour
les métamorphoses. C'est dire aussi combien il est difficile, ainsi que
le note la sagesse populaire, d'«appeler un chat un chat».
A partir de
l'Egypte antique, où la déesse Bastet emprunta ses traits, le chat,
animal domestique, part à la conquête du monde. La Grèce, Rome,
l'Orient lui ouvrent leurs portes. L'Amérique l'accueille tardivement,
au XVIIIe siècle, en qualité d'exterminateur de rats. C'est comme
chasseur qu'il assure, dans les légendes médiévales, la fortune de son
propriétaire, chat botté qui inspirera Perrault. Mais il est aussi
symbole de plaisir, voire de luxure ; devenu noir, il fleure l'hérésie
et accompagne le sabbat des sorcières.
L'humanisme le dote d'une
anatomie et les Lumières l'invitent dans les salons. Hommes et femmes
de lettres - Léautaud, Colette - en feront le compagnon de leurs
rêveries d'esthètes. Et c'est avec grande élégance que Laurence Bobis
trace ici les mille et un portraits du malicieux animal.
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